Les moulins de Crécy : quand la rivière faisait tourner la ville
Environ 3 à 4 minutes à voix haute

Aujourd’hui, lorsque l’on se promène dans Crécy-la-Chapelle, on entend surtout le bruit de l’eau qui s’écoule paisiblement.
Pourtant, pendant des siècles, cette même eau faisait beaucoup plus que cela.
Elle travaillait.
Avant l’arrivée de l’électricité, l’énergie la plus facile à utiliser était celle de la rivière. Les habitants ont donc appris à profiter du courant du Grand Morin. Pour cela, ils construisirent plusieurs moulins le long de la rivière et de ses différents bras.
L’eau arrivait sur une grande roue en bois, appelée roue à aubes. En tournant, cette roue mettait en mouvement tout un mécanisme installé à l’intérieur du moulin.
Selon les besoins, cette énergie servait à moudre le blé pour fabriquer la farine, à actionner des machines ou à alimenter différentes activités artisanales.
À cette époque, un moulin était bien plus qu’un simple bâtiment.
C’était une véritable entreprise.
Des meuniers y travaillaient chaque jour. Les habitants venaient y faire moudre leur grain. Les charrettes arrivaient chargées de sacs de blé et repartaient avec de la farine, indispensable pour fabriquer le pain.
Mais pour qu’une roue tourne correctement, il ne suffisait pas d’attendre que la rivière fasse son travail.
Il fallait aussi la guider.
C’est pour cette raison que plusieurs petits bras d’eau, appelés brassets, furent aménagés au fil du temps. Ils permettaient de conduire une partie de l’eau jusqu’aux roues des moulins, puis de la renvoyer vers le Grand Morin.
En observant attentivement la ville aujourd’hui, on retrouve encore les traces de cette organisation.
Ici, un ancien bief.
Là, une roue à aubes conservée.
Plus loin, un vieux bâtiment construit au bord de l’eau.
Même lorsque les machines ont disparu, la rivière continue de raconter leur histoire.
Au fil des siècles, les techniques ont évolué.
Les moulins ont peu à peu cessé leur activité, remplacés par de nouvelles sources d’énergie et par l’industrie moderne.
Certaines roues ont disparu.
D’autres sont restées en place, comme des témoins silencieux du passé, comme celle du Pont de la rue de Penthièvre.
Elles rappellent qu’avant l’électricité, l’énergie venait directement de la nature.
Aujourd’hui encore, lorsqu’on longe le Grand Morin ou les brassets de Crécy, il est facile d’imaginer le bruit que faisaient ces grandes roues en tournant jour après jour.
Le clapotis de l’eau.
Le craquement du bois.
Le grincement des engrenages.
Le va-et-vient des habitants venus faire moudre leur récolte.
Même si le paysage est devenu plus calme, il garde la mémoire de cette époque.
Les moulins ont largement contribué au développement de Crécy-la-Chapelle. Ils ont participé à son activité économique, à son organisation et même à son paysage. Aujourd’hui, il ne reste que celui de Serbonne et celui de la Chapelle. Peut-être trois si l’on compte celui de Voulangis, mais c’est vrai qu’à une rive de Grand Morin près, il n’est qu’en face de Crécy !
Si l’eau est aujourd’hui synonyme de promenade, de nature et de canoë, elle fut longtemps une véritable source d’énergie.
La prochaine fois que vous apercevrez une ancienne roue à aubes ou un moulin au bord du Grand Morin, prenez quelques instants pour l’observer.
Vous regarderez peut-être autrement cette rivière qui, pendant des siècles, a fait tourner bien plus que des roues : elle a fait vivre toute une ville.
